En 2026, pourquoi le client type du commerce physique se déplace-t-il encore ?

Le commerce physique conserve un avantage fondamental : il peut permettre au client de mieux choisir, d’être rassuré et de repartir immédiatement avec une solution. Mais ces avantages doivent être vécus sur place. La présence d’un magasin et de vendeurs ne suffit pas ou plus à les garantir.

Le déplacement doit rapporter davantage au client que ce qu’il lui coûte en temps, en effort et en argent. Ce bénéfice peut être pratique, humain, sensoriel ou simplement le plaisir de la visite.

L’étude internationale EY de 2024 donne un éclairage intéressant : 57 % des consommateurs interrogés souhaitent voir et toucher les produits avant d’acheter, et 68 % recherchent un conseil expert pour les achats de valeur élevée. Ces résultats ne constituent pas une mesure spécifique à la Suisse, mais ils illustrent deux forces essentielles du magasin : l’expérience réelle du produit et la confiance dans le choix. 

Pourquoi quitter son canapé pour aller acheter ?

Raison de se déplacerCe que le commerce doit réellement apporter
Voir, toucher, essayer, goûterVérifier une taille, une matière, un confort, une fraîcheur ou une saveur.
Recevoir un conseil adaptéComprendre le besoin, comparer les options et éviter une erreur d’achat.
Obtenir le produit immédiatementTrouver le bon article disponible et repartir avec, sans attendre une livraison.
Résoudre un problèmeFaire ajuster, réparer, échanger ou obtenir une réponse auprès d’une personne responsable.
Découvrir quelque choseRencontrer une sélection, une nouveauté ou une association de produits à laquelle on n’avait pas pensé.
Passer un moment agréableProfiter d’un accueil, d’une ambiance, d’une dégustation ou d’une sortie partagée.
Retrouver une relation de confianceÊtre reconnu, retrouver un interlocuteur compétent et bénéficier d’un suivi.

Tous les commerces n’ont pas besoin de proposer une animation spectaculaire. Une quincaillerie qui trouve immédiatement la bonne pièce rend un service précieux. Une boutique qui conseille honnêtement sur une coupe aussi. L’expérience client peut être très simple : repartir satisfait, avec le sentiment d’avoir bien acheté.

Les incontournables que je placerais aujourd’hui en priorité sont les suivantes :

1. Une raison claire de choisir ce commerce.
Le client doit comprendre rapidement ce qu’il trouvera ici : une expertise, une sélection particulière, des produits locaux, un service rapide, une qualité régulière ou un excellent rapport qualité-prix. « Nous vendons des produits » est une promesse trop faible.

2. Un accueil attentif, sans pression.
Un regard, un bonjour, une disponibilité perceptible et une prise en charge adaptée. Il faut savoir distinguer le client qui souhaite explorer de celui qui cherche de l’aide. Le sourire compte ; l’écoute et la capacité à agir comptent tout autant.

3. Un conseil qui apporte quelque chose de plus que la fiche produit.
Un vendeur doit pouvoir expliquer : « Pour votre usage, je vous conseille celui-ci, pour cette raison. » Cela suppose de connaître les produits, de poser les bonnes questions et de savoir recommander une option moins chère lorsqu’elle convient mieux. C’est ainsi que la confiance se construit.

4. Les fondamentaux opérationnels maîtrisés.
Propreté, produits disponibles, fraîcheur, prix lisibles, éclairage, circulation, cabines confortables, attente raisonnable et paiement facile. Une belle décoration compense difficilement une rupture répétée ou un prix introuvable.

5. Une valeur et des prix compréhensibles.
Le client peut comparer. Si le prix est supérieur, les bénéfices doivent être concrets : qualité, durabilité, préparation, conseil, installation ou service après-vente. La proximité seule ne garantit pas qu’un client acceptera de payer davantage.

6. Une visite facile à préparer.
Avant de venir, le client doit pouvoir trouver les bons horaires, l’adresse, les conditions d’accès, les services et un moyen de contact. Pour un achat précis, pouvoir confirmer la disponibilité ou réserver un article réduit le risque d’un déplacement inutile.

7. Un digital qui facilite le parcours.
Réservation, commande, retrait, prise de rendez-vous ou suivi : chaque outil doit résoudre une difficulté réelle. Un écran n’apporte de valeur que s’il aide à comprendre, choisir ou gagner du temps. L’équipe doit rester disponible pour accompagner ceux qui en ont besoin.

8. Un suivi après l’achat et une qualité régulière.
Une réclamation bien prise en charge, un engagement tenu et un échange simple peuvent donner une bonne raison de revenir. Cette qualité doit être portée par toute l’équipe, y compris aux heures chargées et en l’absence du responsable.

Le piège majeur serait de promettre du conseil et de laisser le client se débrouiller ; de promettre la proximité et d’offrir des horaires peu pratiques ; ou de communiquer sur une belle expérience alors que l’attente, les ruptures et l’accueil la dégradent.

Dans le cadre des mes expertises cela donne un angle d’évaluation particulièrement pertinent : mesurer si le commerce tient réellement sa promesse de déplacement. La grille d’évaluation qui j’utilise me permet notamment d’examiner trois fondamentaux :

  • Avant la visite : ai-je une bonne raison de venir et les informations nécessaires ?
  • Pendant la visite : est-ce que je bénéficie d’une aide, d’une découverte ou d’un service utile ?
  • Après la visite : ai-je envie de revenir et de recommander ce commerce ?

La question décisive à poser à un commerçant serait : « Qu’a gagné votre client en venant chez vous aujourd’hui ? » La réponse doit pouvoir se vérifier dans son expérience réelle.

André : 130 ans d’histoire, et une question pour l’avenir du commerce

Il y a des enseignes que l’on associe à une rue, à une vitrine, à un souvenir d’enfance. André fait partie de ces noms familiers qui ont accompagné plusieurs générations. Lorsque l’on apprend sa liquidation, on pense aux magasins, aux équipes et à tous ceux qui ont tenté de poursuivre cette histoire.

Fondée en 1896, l’enseigne a connu trois redressements judiciaires, en 2020, 2023 et 2025. Selon Le Parisien, qui reprend l’AFP, sa liquidation judiciaire a été ouverte le 9 septembre 2026. L’entreprise ne comptait plus que 30 salariés. Des difficultés avec le bailleur et l’échec des négociations avec Westfield figurent parmi les éléments rapportés de la décision. 

Cette actualité invite à réfléchir à ce qui permet à un commerce de durer. Sans accès aux données internes d’André, il serait hasardeux de juger ses choix ou son management. Mais cette situation soulève une question qui concerne chaque commerçant : comment faire vivre son histoire tout en répondant aux attentes d’aujourd’hui ?

Être connu ne garantit pas que le client reviendra.

Une enseigne peut bénéficier d’une belle notoriété. Encore faut-il que le client trouve une raison de franchir sa porte, d’acheter et de revenir.

Dans une boutique de chaussures, cette raison peut prendre une forme très simple : une personne qui écoute, comprend l’usage recherché, propose une alternative et accompagne l’essayage. Le client repart avec un produit adapté et le sentiment d’avoir été bien conseillé.

Cette valeur se construit dans les détails. La disponibilité d’une pointure, la lisibilité de l’offre, l’accueil, la qualité du conseil ou la manière de traiter une hésitation participent tous à l’expérience.

Pour le commerçant, une question mérite donc d’être posée régulièrement : qu’apportons-nous au client qui lui donne envie de revenir chez nous ?

L’expérience client doit aussi trouver son équilibre économique.

Un magasin peut être apprécié et rencontrer des difficultés financières. Le chiffre d’affaires doit être mis en regard des marges, des loyers, des stocks et des autres charges.

Une promotion peut stimuler les ventes tout en réduisant la rentabilité. Un stock important peut mobiliser de la trésorerie sans répondre aux besoins réels. Un emplacement attractif peut devenir difficile à supporter si l’activité ne couvre plus ses coûts.

Pour le dirigeant, l’enjeu consiste à rapprocher les chiffres de ce qui se passe sur le terrain.

Combien de visiteurs deviennent acheteurs ? Pourquoi certaines ventes échouent-elles ? Quels produits tournent ? Quels clients reviennent ? Les équipes disposent-elles des moyens nécessaires pour bien travailler ?

Ces questions permettent de repérer les décalages et de choisir les bonnes priorités avant que les difficultés ne s’accumulent.

Écouter les équipes aide à comprendre ce que les chiffres ne racontent pas.

Les collaborateurs entendent les objections, constatent les demandes récurrentes et voient les occasions manquées. Leur donner la parole permet de mieux comprendre le parcours client et de choisir des actions concrètes.

Un responsable qui observe, échange et accompagne peut faire progresser les pratiques au quotidien. Clarifier une présentation, améliorer une question de découverte ou ajuster un assortiment sont autant de pistes à évaluer, puis à mesurer.

Ces petits progrès demandent de la constance. Ils prennent davantage de sens lorsque chacun comprend l’objectif poursuivi et peut contribuer à son atteinte.

Accompagner un commerce commence par comprendre son histoire.

Depuis plus de dix ans, avec DLM Management, j’accompagne des dirigeants et leurs équipes. Avant de proposer des changements, je souhaite comprendre ce qu’ils ont voulu créer, ce qu’ils vivent aujourd’hui et ce qu’ils veulent développer demain.

Cette écoute permet de construire des actions cohérentes avec leur identité, leurs ressources et leurs objectifs financiers.

L’accompagnement prend alors tout son sens : identifier les priorités, avancer ensemble et faire évoluer les méthodes dans une relation de confiance. Au fil du temps, la connaissance de l’entreprise et de ses équipes permet d’affiner les décisions et de suivre leurs effets.

L’actualité d’André mérite d’abord une pensée pour les salariés concernés. Elle nous rappelle aussi combien l’avenir d’un commerce demande de l’attention, de l’anticipation et un travail constant sur son équilibre.

L’histoire d’un commerce est précieuse. Son avenir se construit chaque jour, avec ses clients, ses équipes et son dirigeant.

Crédit image Magasin André-photographie d’archives, 2013

PHOTO : Sorelv / Wikimedia Commons – CCBY-SA 4.0

Fooby Lausanne ferme : quand la notoriété et la fréquentation ne suffisent plus

Le magasin Fooby de Bel-Air fermera définitivement ses portes le 31 décembre 2026, après sept années d’activité au cœur de Lausanne.

Selon Coop, cette fermeture ne serait pas liée à un simple manque de fréquentation. Le concept-store aurait rempli sa mission initiale : faire connaître la marque Fooby en Suisse romande, relier son univers numérique à une expérience physique et tester de nouvelles offres de prêt-à-manger. Les 25 collaborateurs concernés devraient se voir proposer une solution au sein du groupe. (blick.ch⁠)

Cette décision rappelle une réalité importante du commerce : un magasin peut être connu, apprécié et fréquenté sans pour autant être destiné à fonctionner durablement sous la même forme.

Un concept innovant, mais aussi un laboratoire

Fooby n’était pas uniquement un point de vente. Le magasin servait également de vitrine à la marque et de laboratoire grandeur nature.

Il permettait notamment :

  • d’observer les comportements des consommateurs ;
  • de tester des formats et des produits ;
  • de relier un portail de recettes à une expérience en magasin ;
  • de développer la notoriété de Fooby en Suisse romande.

Sous cet angle, le concept peut avoir atteint une partie importante de ses objectifs, même si son exploitation physique arrive aujourd’hui au terme d’un cycle.

Notoriété, fréquentation et rentabilité : trois réalités différentes

La fermeture interroge néanmoins sur trois indicateurs que l’on confond encore trop souvent.

La notoriété mesure la capacité d’une enseigne à être connue et reconnue.

La fréquentation indique le nombre de personnes qui entrent dans le magasin.

La rentabilité dépend de ce que ces visiteurs achètent réellement, de leur panier moyen, de leur fréquence d’achat et des coûts nécessaires pour exploiter le point de vente.

Un commerce peut donc attirer beaucoup de monde sans générer suffisamment de marge. Il peut aussi disposer d’une excellente image sans convertir cette visibilité en ventes récurrentes.

La question essentielle n’est donc pas seulement :
« Combien de personnes entrent dans mon commerce ? »

Mais plutôt :

« Combien achètent, combien dépensent, combien reviennent et quelle marge reste-t-il après l’ensemble des charges ? »

Un concept commercial doit continuer à évoluer

Même lorsqu’un concept rencontre son public, il doit être régulièrement réévalué :

  • Le positionnement reste-t-il suffisamment clair ?
  • L’offre correspond-elle encore aux nouvelles attentes des clients ?
  • Le parcours en magasin favorise-t-il réellement l’achat ?
  • Les produits proposés génèrent-ils une marge suffisante ?
  • L’expérience physique complète-t-elle efficacement les canaux numériques ?
  • Le modèle peut-il être reproduit et rester économiquement viable ?

La fermeture de Fooby ne signifie donc pas nécessairement que le concept était mauvais. Elle montre surtout qu’un concept commercial n’est jamais figé : il possède des objectifs, un cycle de vie et parfois une mission expérimentale.

Mesurer avant de décider

Cette actualité constitue un enseignement précieux pour les commerçants, restaurateurs et dirigeants de points de vente.

La fréquentation seule ne suffit pas. Une analyse complète doit également mesurer le taux de conversion, le panier moyen, la marge, la fidélisation, la productivité de l’espace et la rentabilité au mètre carré.

Car dans le commerce, ce qui attire le regard construit la notoriété, ce qui déclenche l’achat génère du chiffre d’affaires et ce qui maîtrise les coûts assure la pérennité.

C’est précisément dans cet équilibre que l’audit opérationnel et commercial prend tout son sens.

DLM Management accompagne depuis plus de dix ans les commerces, restaurants et points de vente dans l’analyse de leur performance, de leur expérience client et de leur potentiel de développement.

🔗 Lire l’article de Blick consacré à la fermeture de Fooby Lausanne⁠

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Modèle d’un centre ville vertueux

Un « centre-ville vertueux » est un écosystème équilibré qui favorise à la fois la vitalité économique des commerces et la satisfaction/durabilité pour les consommateurs. On peut l’imaginer comme un modèle circulaire, où chaque acteur nourrit l’autre. Voici les piliers :

1. Accessibilité & Mobilité douce

• Transports publics efficaces : tram, bus, navettes électriques, vélo-partage.

• Zones piétonnes attractives : sécurité, confort, mobilier urbain, espaces verts.

• Stationnement malin : parkings relais connectés aux transports, stationnements vélos et bornes pour véhicules électriques.

Résultat : les consommateurs viennent facilement, sans saturer le centre-ville en voitures.

2. Mixité commerciale & offre différenciante

• Équilibre entre grandes enseignes et commerces indépendants.

• Mise en avant du local : produits de proximité, circuits courts, artisanat.

• Expériences uniques : concept stores, marchés thématiques, événements culturels.

Résultat : attractivité renforcée, moins de concurrence stérile, plus de diversité.

3. Expérience client & qualité de vie

• Espaces agréables : bancs, arbres, terrasses, éclairage chaleureux.

• Animation régulière : marchés, festivals, expositions, concerts.

• Services personnalisés : programme de fidélisation.

• Services connectés : click & collect centralisé, applications pour repérer offres et parkings disponibles.

Résultat : le consommateur vit une expérience au-delà de l’achat.

4. Gouvernance et coopération locale

• Association active des commerçants, en lien avec la mairie et les habitants.

• Incitations fiscales ou loyers modulés pour favoriser la diversité et éviter la vacance commerciale.

• Observatoire du centre-ville pour mesurer flux, satisfaction clients, impact environnemental.

Résultat : décisions partagées et centre-ville vivant à long terme.

5. Durabilité et responsabilité

• Gestion circulaire des déchets : tri, compost, consignes.

• Énergie verte : panneaux solaires sur bâtiments publics, éclairage LED intelligent.

• Économie circulaire : repair cafés, friperies, mutualisation logistique pour réduire les livraisons polluantes.

Résultat : un centre attractif qui incarne des valeurs en phase avec les attentes sociétales.

En résumé :

Un centre-ville vertueux, c’est un lieu accessible, mixte, animé, gouverné collectivement et durable, qui attire les consommateurs non pas seulement pour acheter, mais pour vivre une expérience humaine et urbaine enrichissante.

Le Retail n’est pas mort : au contraire, il se réinvente

Depuis 20 ans, le même refrain tourne en boucle : les rideaux de fer se baissent. Comptoir des Cotonniers, Casa, Naf-Naf… à chaque fermeture, on pointe du doigt le même coupable : le e-commerce.

Pourtant, il ne représente que 11 % des ventes en France (FEVAD, 2024).

Et si on arrêtait cette opposition stérile entre digital et physique ?

Le magasin n’est pas en train de disparaître. Il est en train de se métamorphoser.

1. Le client a pris le pouvoir

Hyper-informé, mobile, exigeant : il ne pense plus en “canaux”.

Son parcours est un ballet permanent entre digital et physique :

• 48 % des Français sont omnicanaux,

• 30 % repèrent en ligne avant d’acheter en boutique (ROPO),

• 16 % flânent en magasin avant de cliquer depuis leur canapé.

Ce qu’il réclame : fluidité, autonomie, personnalisation.

2. La réponse du retail : l’omnicanal, mais avec du sens

Certaines enseignes l’ont compris : le magasin devient une scène vivante où la marque s’incarne.

Design, merchandising inspirant, expérience phygitale… la promesse est belle : un parcours sans couture, un stock infini.

Mais attention : une borne interactive qui copie le site web, un écran froid et impersonnel, une tablette qui coupe le lien humain… tout cela reste une coquille vide.

3. La vraie révolution : le vendeur augmenté

Le futur du magasin ne repose pas sur la technologie seule, mais sur l’humain amplifié par la technologie.

Le vendeur augmenté ne se cache pas derrière un écran :

• il s’en sert pour enrichir la relation,

• il co-crée la solution avec son client,

• il transforme un achat en souvenir mémorable.

C’est cette expérience émotionnelle qui fidélise.

4. Quand une ville inspire l’avenir du retail : Anvers

À Anvers, le shopping devient une expérience à part entière.

Entre façades historiques rénovées, concept stores soigneusement sélectionnés et cafés intégrés à l’expérience, tout invite à flâner.

Ce qui fait la différence ?

• Une offre sélectionnée, pas une surenchère,

• Un mélange de marques locales et internationales,

• Une architecture qui raconte une histoire,

• Gastronomie, détente et culture intégrées à l’expérience,

• De la convivialité et des conseils authentiques, au lieu d’une transaction anonyme.

Ici, le commerce ne se contente pas de vendre. Il suscite des émotions, crée des rencontres, raconte des histoires.

5. La clé : transformer le commerce en lieu de vie

Que ce soit à Anvers ou dans le projet Überseequartier d’Hambourg, le modèle est clair :

un retail qui mêle shopping, restauration, culture, bureaux, logements…

Un quartier vivant, où l’on vient non pas seulement pour acheter, mais pour vivre une expérience.

En conclusion

Le commerce physique ne disparait pas, il renaît sous une autre forme.


Ceux qui considèrent leur magasin, leur centre commercial ou leur ville comme un espace inspirant, diversifié et vivant gagneront non seulement les décisions d’achat, mais surtout… les cœurs.

Faire du centre ville un lieu vivant

La majorité s’accorde à penser qu’une communauté saine commence par un centre-ville sain. Qu’il s’agisse du centre-ville, de la place du village ou de la rue principale, il y est un endroit dans chaque ville ou village où les gens se retrouvent ou se croisent. Ils viennent manger, faire du shopping et être ensemble. Les centre-villes sont le cœur de nos collectivités et ils sont également des indicateurs clés des grandes tendances sociales et économiques. Un centre-ville prospère signifie des entreprises prospères, des citoyens engagés, des événements culturels et des emplois. En revanche, lorsque les centre-villes sont négligés, cela conduit souvent à des entreprises fermées et à des opportunités perdues.

D’où la question essentielle pour les collectivités impliquées : comment redonner une bonne santé à un centre-ville ? Quelles sont les bonnes pratiques pour ré-insuffluer une nouvelle dynamique et en faire un lieu vivant et attractif ?

Le cercle vertueux de l’accueil

Un centre-ville qui semble accueillant et propre, avec des œuvres d’art publiques agit favorablement sur le comportement des promeneurs, et des visiteurs. Ces derniers sont alors enclins à rester plus longtemps sur place. Dès lors, ils vont se restaurer, faire ensuite des achats d’agréments, puis prendre un verre ou un café en terrasse, et pour certains adeptes des réseaux sociaux, publier un selfie de l’instant présent. Combinés, ces éléments influent sur le sentiment de bien être et entraîne vraisemblablement ces mêmes personnes à revenir dans un avenir proche, ou à inciter leurs amis à y aller.

Avoir un centre-ville propre a également un impact positif sur le comportement des citoyens. Les gens sont plus susceptibles de prendre de meilleures décisions (comme utiliser des poubelles au lieu de jeter les ordures) lorsque, autour d’eux, ils constatent que la collectivité s’en soucie.

Investir dans les centre-villes est essentiel pour rajeunir les collectivités et stimuler des cycles économiques vertueux. Dans le but de célébrer ces projets d’embellissement et d’attirer des visiteurs en centre-ville, les événements gratuits tels que des expositions d’art, de la musique, des jeux, ou la présence d’artisans locaux, sont autant d’occasions pour les familles de se déplacer.

Fondamentalement, les personnes cherchent à se réapproprier leur centre-ville et à profiter de ce qui fait de leur ville des lieux de vie formidables.

Analyser l’évolution dans le temps

Mais comment savoir si les actions publiques ont un effet positif sur le long terme ? Cela nécessitent de faire un suivi d’indicateurs clés dans le temps, et préférablement, d’y affecter une personne dédiée qui y consacrera du temps comme les managers de centre-ville.
Plusieurs facteurs permettent de mesurer l’évolution et d’apporter des éléments de réponse, pour les villes qui décident de se lancer dans la revitalisation du tissu urbain.

Un facteur exogène visible, est le taux de vacance des locaux commerciaux. De manière évidente, les commerçants s’installent dans des lieux où il y a du monde. Et plus il existe de piétons dans un centre-ville, plus il y aura de magasins pour répondre à leurs attentes.

La multiplicité et l’hétérogénéité des commerces est également un enjeu pour les collectivités. Avoir un trop grande nombre de banques ou d’agences immobilières sur un périmètre restreint ne permettra pas de faire évoluer favorablement les flux de piétons.

Connaître les flux dans le temps et dans l’espace est presque une nécessité pour mesurer l’évolution en fonction des paramètres tels que la météo, l’heure de la journée, le type d’action événementiel. Ils s’agit de mesurer les différences d’un jour sur l’autre mais aussi d’une année sur l’autre. Savoir combien de personnes déambulent dans le centre-ville. Par quelles rues passent-elles habituellement ? Et qu’elles sont les variations ? Autant de points sur lesquels une mesure ponctuelle, ou au jugé – au ressenti, ne peut pas répondre.

Une nécessité économique et environnementale

Entretenir la santé des centres-villes est indispensable en ces temps de pollution et de réchauffement climatique. Avoir des quartiers compacts, accessibles à pied, sains et économiquement dynamiques avec des commerces pouvant soutenir la croissance économique et protéger l’environnement.

Promouvoir des comportements et des modes de vie avec un impact moins nocif, permettra de tendre vers un mieux vivre en centre-ville.

Savoir le mesurer dans le temps devient évident pour s’assurer que la direction prise en termes de politique de la ville est la bonne.

lien de l’article : source Commerce Life

Eric

https://commerce.life/faire-du-centre-ville-un-lieu-vivant/

Les défis pour les commerces de centre-ville

La perte d’attractivité des commerces de centre-ville et le besoin de revitaliser les cœurs d’agglomérations est devenu l’enjeu principal des politiques local.
Les projets de revitalisation se multiplient aux quatre coins de la France. L’initiative cœur de ville, dernier projet en date avec plusieurs millions d’euros de budget alloué, en est l’illustration. En 2017, 146 communes et 50 intercommunalités ont pu bénéficier d’une aide d’investissements publics, soit près de 121 millions d’euros pour lancer plus de 400 projets visant à redynamiser les centres urbains.
Mais c’est également un enjeu aux nombreuses facettes, que les commerçants peuvent aussi affronter à leur niveau, en misant sur le consommateur. Voilà comment dans le détail.

Une situation alarmante

Les vitrines sont vides, les façades sont aveugles, les stores métalliques baissés. La plupart des centres urbains sont touchés, à des degrés divers. Un constat désolant contre laquelle nombres de mairies semblent impuissantes.
Le déclin des centres-villes s’illustre par un taux de vacance commerciale en progression constante. Depuis 2010, il augmente d’un point par an et atteint en moyenne 11,3 % dans les villes de plus de 25 000 habitants en 2016, d’après une étude de l’Institut pour la ville et le commerce (IVC, mai 2017). Les centres-bourgs sont également touchés par le phénomène
Certaines mairies vont mêmes jusqu’à faire peindre de faux intérieurs – des vitrines en trompe-l’œil collées sur des vitrines vides, comme Faouët et Guémené-sur-Scorff, dans le Morbihan – pour mettre en avant le potentiel de certains locaux commerciaux vacants et enjoliver les centres-bourgs.

Une solution temporaire dont l’objectif est de faire prendre conscience aux futurs commerçants du potentiel du local vacant, et qui rappelle que les grandes fonctionnalités du commerce de centre ville… ont peut être été oubliées avec l’essor du e-commerce.

Certains acteurs s’organisent pour contrer la tendance. En témoigne la volonté d’associations de commerçants et de politiques qui travaillent pour conjuguer les problématiques dans leur ensemble : aménagement, urbanisme, politique de la ville, mobilité, maîtrise du foncier. L’objectif final est d’atteindre un équilibre entre les commerces en centre-ville, ceux en périphérie, et (contre) internet.

Les commerces de proximité au cœur du lien social

Les commerçants ont un rôle à jouer auprès de leur clientèle et doivent précisément axer leurs efforts sur leurs offres de produits et de services. Ils peuvent se présenter en opposition à l’offre des grandes galeries marchandes : Proposer davantage de services de proximité. L’offre commerciale doit être adaptée aux attentes et aux besoins des consommateurs. Les études montrent que la France est passée d’une consommation de masse à un commerce de précision avec une hyper-fragmentation de l’offre. La montée en gamme de l’offre ou l’essor du bio et des circuits courts en sont des signes et peuvent servir de levier de croissance à tous les commerçants de centre ville qui s’insèrent dans cette démarche.

Des concepts de magasins innovants

L’exemple des cafés-librairies, des boucheries-restaurants ou des bars-disquaires le prouve. Les offres commerciales hybrides répondent à une expérience client novatrice qui ne se limite plus exclusivement à l’achat, mais qui promeut l’expérience. Une opportunité de s’adapter à une évolution des attentes des consommateurs, en particulier des jeunes adultes urbains. C’est d’ailleurs un élément qui ressort avec l’apparition du concept de magasins éphémères ; ce phénomène répond aux besoins des jeunes, néo-consommateurs pour les centres-villes.

Boutiques éphémères pour redynamiser les centres-villes

L’action des managers de centre ville

Coordonner les actions des acteurs publics et privés en matière d’attractivité et d’animation des commerces en centre-ville : telle est la mission que portent les managers commerce. Faisant partie de l’équipe municipale, ils élaborent une stratégie globale sur l’organisation du commerce, participent au développement de l’offre commerciale et accompagnent les professionnels dans leur développement.

De part leurs connaissances des enjeux locaux et leurs compétences en commerce et en marketing, ils orientent et identifient les évolutions du commerce ; ils prospectent auprès des enseignes et des porteurs de projets. Les managers de centre-ville bénéficient d’un réel rôle de concertation et d’action sur les territoires. Grâce à eux, une nouvelle tendance se profile : des commerces qui ré-ouvrent, la diminution du nombre de locaux vacants, et des citoyens qui réinvestissent les centres urbains.

C’est au cœur des villes que le commerce se développe et irrigue l’économie local. Cette prise de conscience permet de redonner vie aux centres urbains

Par Eric Coatantiec de Commerce.Life

Revitalisation des centre-villes : Méthodes pour optimiser votre impact

Comment revitaliser la vente au détail ? Cette question est d’actualité dans l’environnement actuel. De nombreuses d’initiatives ont déjà commencé et permettent de capitaliser sur les bonnes pratiques mises en œuvre dans quelques villes en France et même dans d’autres pays en Europe.

Bien que chaque ville moyenne ait sa propre histoire, et puisse expliquer les raisons de la désaffection des consommateurs en centre-ville, il se dégage des tendances globales ; Et pour les faire revenir dans les centres urbains il existe des méthodes. Cet article a pour objet de lister les grandes étapes pour faire de la politique de revitalisation de chaque mairie, un succès.

Connaître le consommateur local

La consommation fait partie de l’activité quotidienne de tout un chacun. Mais cet analyse cache une complexité de profil de consommateurs. Les experts en retail ont réussi a mettre en évidence qu’il existe une forte corrélation entre le style de vie et le format de commerces implantés. Les exemples se trouvent tout autour de nous. Selon que vous vous trouvez dans un quartier huppé, ou dans un quartier populaire, les profils des commerces seront différents : prix élevés versus low-cost.

Considérant que les commerces de centre-ville ne répondent pas uniquement aux besoins des habitants, localement, il convient d’avoir une analyse dans laquelle se mélange, style de vie, mode, infrastructures et culture. Par exemple, les notions d’accessibilité par les transports en commun, les zones de parking, l’attractivité des grandes marques (prêt-à-porter, aménagement maison…), les expositions et les musées permettront aux consommateurs des zones extérieures au centre urbain de s’y rendre. De même, les notions de facilité de déplacements pour les piétons, influencera le niveau de consommation – en faisant augmenter les achats d’impulsion.

Les villes, tout autant que les enseignes et les commerçants doivent comprendre et être conscient des besoins des consommateurs. Être à l’écoute de leurs motivations d’achat, leurs valeurs et leurs préférences, pour y mettre en regard une offre de produits et de services adéquate. L’objectif est alors d’offrir une expérience d’achat agréable et ludique. Les spécialistes en neuro-marketing suggèrent de surveiller le comportement des consommateurs afin que l’acte d’achat ressorte comme un évènement spécial, unique et attirant.

Repenser la proposition de valeur

Depuis longtemps, les grandes marques et enseignes maîtrisent les grands principes des comportements des consommateurs, et développent des stratégies marketing adaptées pour rapidement répondre aux besoins. Chaque évolution, même mineure, des tendances de consommations, est analysée à l’aide d’outils de mesures précises.
Les commerces locaux, isolés, ont du mal à copier ce principe, car il leur manque les moyens financiers autant que la possibilité d’obtenir les informations statistiques. En cela, ils ont besoin des pouvoirs locaux tels que les managers de centre-ville dont la fonction est de les faire progresser et de les aider à optimiser leurs performances.

Ainsi les questions qui doivent être posées et dont les réponses modifieront la proposition de valeur du commerce de centre urbain sont :
· Qui consomme dans notre ville ?
· Combien sont-ils à déambuler dans la ville ?
· Combien de temps restent-ils sur zone ?
· Sont-ils résidents ou visiteurs?
· Quels commerces visitent-ils ?
· Qu’est-ce qu’ils achètent ?
· Combien dépensent-ils ?
· Qu’est-ce qui les a attirer localement ?
· Qu’est-ce qu’ils achètent dans les villes voisines?
· Y a-t-il un type de produit ou de magasin qu’ils ne trouvent pas en centre-ville ?

Grâce à cela, pourra se produire un réglage de l’identité des commerces locaux, en phase avec les besoins.

Créer l’espace nécessaire à la nouveauté

En raison des évolutions régulières des comportements des consommateurs, les municipalités doivent pouvoir accueillir de nouvelles propositions de vente au détail. Alors même qu’un faible taux de vacance commerciale est un signe positif au sein d’une ville, il peut se transformer en un piège en cas de retournement des modes de consommations. C’est le cas par exemple dans les municipalités dont l’offre commerce est exclusivement tournée vers l’alimentation spécialisée ou l’habillement. Dès que les consommateurs ont besoin d’un produit en dehors de l’offre local, ils se dirigent en périphérie. Le risque est alors que, sur place, ils y découvrent une offre variée qui, accompagné d’une infrastructure accueillante (parking gratuit, possibilité de déambuler calmement en zone), les incitera a en faire une destination finale d’achat, au dépend des centre-villes.

De fait, les centres urbains doivent cumuler plusieurs fonctions. Des fonctions urbaines de proximité, permettant de relier facilement les commerces entre eux, et rendre l’espace attractif. Faire de ces zones urbaines, une expérience de vente améliorée.
Ainsi, les décideurs public doivent faire en sorte que l’offre commerce soit variée, en phase avec les besoins du moment, et ponctuellement, doivent organiser des événements pour animer les zones piétonnes.

S’adapter aux besoins, veiller à la réglementation, rendre possible la mobilité

L’enjeu pour les managers de centre-ville est complexe, et les moyens de revitaliser les centre-villes nombreux. Compter les passants, maximiser la variété de l’offre locale, faciliter la mobilité piétonne et rendre accessible les commerce de détail sont les objectifs principaux à atteindre. En accompagnant les détaillants locaux et en leur fournissant les mêmes analyses et techniques que les grandes enseignes, ils pourront insuffler une dynamique aux centres urbains parfois localement en souffrance. Et ils rendront possible le retour des visiteurs dans la ville.

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