La personnalisation, la tendance qui se confirme

Corinne JeammetRédaction CultureFrance Télévisions

Mis à jour le 05/05/2019 | 14:18
publié le 05/05/2019 | 11:46P

« La personnalisation n’est pas une tendance passagère mais bien un mouvement de fond, voire une révolution – et elle a déjà commencé » ont affirmé plusieurs experts lors d’une table ronde Lectra – Nelly Rodi, qui s’est tenue en mars 2019.

« La personnalisation redessine la mode » estiment les experts

« L’impulsion est venue des consommateurs eux-mêmes » ont constaté ces experts. « Les modes de consommation impulsés par les nouvelles générations viennent bouleverser les règles de l’industrie de la mode » a souligné Marie Dupin, Directrice mode du cabinet de tendances Nelly Rodi.« Le consommateur, de plus en plus exigeant, est séduit par la possibilité de co-créer son look », a analysé, de son côté, Pierre-François Le Louët. Président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin avant d’ajouter : « Il commence aussi à accepter des délais un petit peu plus longs pour obtenir un vêtement parfaitement adapté à sa morphologie et à ses attentes. « 

Des considérations environnementales viennent renforcer cet attrait pour la personnalisation. « Produire à la demande évite la destruction des invendus, choquante pour le public, tout en épargnant aux marques et distributeurs l’enfer de la décote », a indiqué Sébastien Manceau du cabinet Roland Berger.

Les industriels disposent eux de solutions conçues selon les principes de l’Industrie 4.0 pour adapter les salles de coupe à la production à la demande. « Ainsi, Fashion On Demand by Lectra accompagne les acteurs de la mode pour les aider à répondre aux attentes des consommateurs, tout en améliorant leur productivité. (…) Notre offre leur donne la possibilité de lancer la production d’un vêtement personnalisé quelques secondes après la prise de commande en ligne ou en boutique, ou bien d’attendre de recevoir plusieurs commandes utilisant le même tissu pour en optimiser la découpe »a expliqué Daniel Harari, Président-Directeur Général de Lectra.FRANCE 2

« C’est un vecteur de croissance extraordinaire pour les marques » 

La personnalisation n’est plus réservée aux seules boutiques, elle est disponible sur l’e-commerce. Pour Henri Foucaud, un des co-fondateur de la société Hapticmedia développant des objets personnalisables en ligne, c’est « avant tout une tendance de fond demandée par les consommateurs, plus particulièrement dans le luxe, les consommateurs s’achètent une part de rêve et un objet très personnel. Le lien émotionnel avec l’objet où le vêtement de luxe s’associe à un besoin de singularité, l’objet devient un prolongement du consommateur, un mode d’expression et un moyen de se singulariser. (…)

Ce qui change profondément aujourd’hui c’est que cette expérience de personnalisation est désormais accessible à tout chacun grâce aux nouvelles technologies et au luxe 4.0. (…) Économiquement la personnalisation est très rentable, les prix additionnels que le consommateur est prêt à payer en plus oscillent entre + 20 et + 50% du prix initial du produit, ceci est un vecteur de croissance extraordinaire pour les marques. (…) C’est pour cela qu’Hapticmedia développe des expériences interactives en 3D pour servir ces produits personnalisables. Le consommateur va voir le produit en 3D, va pouvoir le manipuler comme s’il l’avait en main et modifier l’objet selon ses envies puis le partager avec ses amis sur les réseaux sociaux. »

Des personnalisations morphologiques pour plus de confort

Tous les secteurs sont concernés mais certaines personnalisations sont orientées sur la morphologie. Sculpteo, spécialiste de l’impression 3D en ligne, s’est associé à Netlooks, spécialiste des montures artisanales sur mesure et personnalisées, pour créer des lunetttes imprimées en 3D permettant aux clients, avec l’aide de l’opticien, de tester la monture, de l’adapter à leur morphologie et de choisir parmi des millions de combinaisons. Cette personnalisation comprend les gravures, les couleurs, les formes des branches et des faces, le style et les textures (corne, translucide, néon…). Avec ces lunettes de test 3D, le client vérifie que le modèle choisi lui convient en termes de taille et de confort (taille de la face et du pont, et longueur de la branche). 

Withings, spécialiste français des objets de santé connectée, propose sur son site sa Withings Move, une montre connectée Made in France dans sa Manufacture d’Issy-les-Moulineaux. Pour son fondateur Eric Carreel« permettre aux utilisateurs de s’approprier le design et le style de leur montre connectée est une évolution indispensable ». L’atelier de personnalisation permet de créer sa montre avec un large choix de couleurs de bracelets, de boitiers et d’aiguilles. Il est également possible de sélectionner divers motifs pour l’impression du cadran. Ce service offre plus 5 800 combinaisons possibles.

La marque Habillez-moi de Béatrice Delpierre guide ses clientes dans leur recherche de look et les oriente vers des tenues qui leur correspondent via un diagnostic morphologique individuel effectué sur rendez-vous. Des conseils personnalisés sont prodigués sur les formes adaptées à la silhouette, le choix des matières et des couleurs : test de colorimétrie, bilan morphologique, conseils sur le style, tri de la garde-robe. Même principe avec la marque Les Jupons de Louison de Marine Monloubou proposant des jupes adaptées à la longueur des jambes en couplant aux variations de taille des variations de longueur. 

Test de morphologie pour la marque de prêt-à-porter Habillez-moi
Test de morphologie pour la marque de prêt-à-porter Habillez-moi (HABILLEZ-MOI)

Des personnalisations esthétiques pour une touche fait main

D’autres marques offrent la possibilité de devenir son propre styliste. La griffe française de slippers d’intérieur Edith & Marcel propose ce service pour deux de ses collections : la ligne Couture permet la broderie au fil d’or ou d’argent mais aussi l’ajout de délicates plumes sauvages ou de paon. La ligne Démesure, quant à elle, permet de parer sur commande la slipper de matières d’excellence : cuir exotique, embossage, broderie ou bijou… 

La marque de slippers Edith & Marcel : le modèle Monceau personnalisé
La marque de slippers Edith & Marcel : le modèle Monceau personnalisé (EDITH & MARCEL)

Océane Castanet, la fondatrice d’Amrose, développe depuis juillet 2017 une collection de baskets brodées par des femmes kurdes selon une tradition ancestrale. Chaque modèle est unique et fait main. Chaque broderie raconte une histoire illustrée par un dessin aquarelle. Amrose participe au « Women Empowerment » à travers une coopérative éthique et responsable. Pour la saison printemps-été 2019, elle a collaborée avec la designer Libanaise Mira Mikati. Connue pour ses inspirations Kawaï et son univers pop coloré, elle a imaginée trois paires en édition limitée. Personnalisables, elles sont vendues en exclusivité au Bon Marché dans le cadre de l’exposition « A Babord Toute »jusqu’au 23 juin. 

Collaboration Amrose et Mira Mikati pour le printemps-été 2019
Collaboration Amrose et Mira Mikati pour le printemps-été 2019 (AMROSE)

Du côté des bijoux, la maison Goossens personnalise trois bagues en laiton doré or jaune 24 carats (Mini-Stone, Stone ou Cabochons) dans sa version carrée ou ovale. Il suffit de sélectionner une monture, de choisir une pierre selon sa couleur, son éclat et ses nuances, puis la bague est sertie dans les ateliers situés à Pantin. L’iconique bracelet Boucle est, lui, personnalisable avec un message, un mot ou des initiales gravés. Les possibilités sont infinies : deux largeurs (6 mm et 1,5 cm), trois finitions, or jaune, palladium ou or rose, et cinq typographies. Un délai d’une semaine est nécessaire pour la gravure. Le « Bar à Bagues » est installé dans la boutique parisienne du 416, rue Saint-Honoré.

Les bijoux à personnaliser de la maison Goosens
Les bijoux à personnaliser de la maison Goosens (GOOSENS)

Même principe chez Castorette Paris avec des bijoux à créer et à personnaliser, réalisés à la demande grâce à l’impression 3D, dans des matériaux nobles ou précieux. Sur le site  Happy Bulle, la personnalisation peut se faire à partir de dessins d’enfants.! Enfin Gas Bijoux personnalise trois modèles des iconiques sandales helléniques Ancien Greek Sandals, en y ajoutant des charms coquillages sur les rivets (au Bon Marché en mai, puis dans les boutiques By Marie à partir de  juin). 

La théâtralisation du point de vente

La théâtralisation d’un point de vente… Voilà un concept dont vous entendez beaucoup parler actuellement ! Mais de quoi s’agit-il précisément ? Simplement d’immerger le chaland dans votre univers… et de susciter l’achat !

Article de Commerce.Life de Guillaume (consulté le 02 mai 2019)

La théâtralisation, un outil indispensable pour renforcer l’attractivité de votre magasin

Créer autour de votre offre un univers propice à l’achat de vos produits et des atmosphères susceptibles de faire naitre des émotions positives chez vos clients potentiels…, tels sont les objectifs de la théâtralisation de votre point de vente. Bien plus qu’un simple concept marketing, la théâtralisation est aujourd’hui un facteur clé de réussite des points de vente, car elle a vocation à répondre aux nouveaux comportements du consommateur, qui ne se satisfait plus de la seule démonstration des qualités intrinsèques ou extrinsèques d’un produit. Pour déclencher son acte d’achat, il est nécessaire de jouer sur sa dimension affective et de lui faire vivre une expérience client unique.

De l’univers théâtral, le concept emprunte davantage les décors que le jeu des acteurs, mais le personnel du magasin peut également avoir un rôle à jouer, de figurant (en portant un uniforme par exemple qui va contribuer à l’immersion du chaland dans l’univers créé), ou principal (en s’occupant des animations).

La théâtralisation peut être ponctuelle et éphémère pour scénariser des événements particuliers (Noël, Halloween, anniversaire du point de vente etc…). Mais elle peut également être permanente. Il s’agit alors de retraduire une ambiance présentant tous les codes de l’univers de votre activité, en utilisant des éléments de décoration en lien avec vos produits, les couleurs adéquates, mais aussi les senteurs appropriées, les sons associés… Le concept mis en place par l’enseigne « l’Occitane » (produits cosmétiques) est une bonne illustration de la théâtralisation permanente, tout est pensé pour nous téléporter instantanément en Provence, dès lors qu’on pénètre dans une de leurs boutiques.

Théâtraliser votre offre pour communiquer les bons messages

La théâtralisation, c’est aussi l’occasion de faire de votre point de vente un média à part entière. De par la publicité sur le lieux de vente (PLV) et les animations que vous allez mettre en place, vous allez pouvoir faire passer des messages forts à vos chalands.

Il s’agit alors de connaître parfaitement la perception que les consommateurs ont de votre secteur d’activité, de manière à les conforter dans leurs images positives et à les rassurer sur leurs doutes.

L’attractivité de votre magasin va-t-elle vraiment augmenter ?

Les bénéfices tirés de la scénarisation de votre offre peuvent être vraiment intéressants, quel que soit votre secteur (à l’exception du « low cost », qui a contrario a tout intérêt à privilégier une architecture et une décoration spartiates pour illustrer sa politique de réduction des coûts).

Cependant, les investissements nécessaires à la théâtralisation peuvent s’avérer élevés, il convient donc de mesurer précisément l’impact de vos actions sur votre business. Théoriquement, la mise en scène d’une offre commerciale doit permettre d’augmenter significativement l attractivité et la fréquentation de votre point de vente, ainsi que le temps moyen de visite, et donc votre chiffre d’affaire.

Dans le cadre d’une théâtralisation éphémère, vous devriez enregistrer des retours sur investissements quasi-immédiats, mais aussi des effets de rémanence importants.

Ouverture de Manor Bern

Ven 26.04.2019 – 10:04 | mise à jour 26.04.2019 – 10:04par Steven Wagner ICT Journal

La chaîne de magasins Manor a ouvert un nouveau commerce à Berne. D’une taille plus réduite qu’à Zurich et Genève, la succursale bernoise veut tester de nouveaux concepts, à l’image des vendeurs équipés de tablettes et d’une collaboration avec deux start-up.

1/2Tous les vendeurs disposeront de tablettes.

Cinq mois après l’avoir annoncé et d’importants travaux de rénovation, Manor a ouvert hier 25 avril un nouveau complexe commercial en vieille ville de Berne, le premier de la capitale. En plus d’un assortiment classique répartis sur six étages et près de 4500 mètres carrés, le numérique se voit accorder une place importante. Le personnel de vente est équipé de tablettes, afin d’établir un lien entre les offres hors ligne et en ligne mais également de compenser l’absence de certaines gammes de produits en magasin. Disponible dans toutes les succursales du pays, le service Click & Collect voit sa zone dédiée transformée en salon.

Il est possible de personnaliser ses habits et accessoires via ces tablettes.

Enfin, Manor s’est associé avec une startup française, l’Atelier Amelot de Paris, afin d’offrir un service d’impression d’habits personnalisés. Les clients ont la possibilité de choisir sur place des motifs individuels à l’aide de tablettes, avant de les imprimer sur des T-shirts ou des sacs et de repartir avec. Ce service s’applique autant bien aux produits achetés dans le magasin ou à ceux apportés par les clients. La chaîne a également conclu une nouvelle coopération avec le jeune pousse zurichoise Annanow, qui offre une livraison en 60 minutes à domicile ou ailleurs. En cas de succès, ce projet pilote pourrait être étendu dans toute la Suisse.

Les CFF misent de plus en plus sur le commerce de proximité

Valora a obtenu la prolongation de son bail auprès des CFF jusqu’en 2030 pour ses 231 succursales ferroviaires auxquelles s’ajoutent 31 nouveaux emplacements. Un partenariat qui mettra de plus en plus en avant les commerces de proximité au détriment des kiosques

On ne change pas une équipe qui gagne. Les CFF viennent de renouveler le bail attribué à Valora, spécialiste de la vente de détail gérant notamment de K-Kiosk, des magasins Avec et de Brezelkönig, d’après un communiqué de presse de jeudi. Le contrat de location actuel arrivant à terme en 2020, un nouvel appel d’offres avait été lancé en 2018. Le groupe bâlois garde ainsi ses 231 sites actuels dans les gares suisses et obtient 31 emplacements supplémentaires qui ouvriront progressivement jusqu’en 2021.

Ce nouveau déploiement sera l’occasion d’une réorganisation des offres proposées. Il fait en effet la part belle aux petits commerces de proximité – 146 emplacements contre 32 actuellement – aux dépens de la formule kiosque – 116 points de vente contre 199 aujourd’hui. Valora dit répondre à la demande des CFF qui souhaitent ainsi s’adapter à l’augmentation de la mobilité de la population et aux nouvelles attentes des pendulaires de plus en plus nombreux. Ils étaient près de 700 000 à utiliser le train en 2017 d’après l’Office fédéral de la statistique.

Acheter à toute heure

Pour Ottavia Masserini, porte-parole des CFF, la stratégie mise en place est également de privilégier au maximum les magasins de proximité dans les gares de petite surface où la demande est grande pour ce type de services. La société ferroviaire a également souhaité miser sur des propositions innovantes permettant par exemple aux voyageurs de faire leurs achats 24h/24 tous les jours. «Nous ne savons pas encore sous quelle forme cela se présentera, précise la porte-parole des CFF. Cela dépendra des essais que réalise actuellement Valora.» A Zurich, le groupe bâlois teste depuis début avril différents modèles de surfaces 100% automatisées qui pourraient répondre à cet objectif.

Lire aussi: Les magasins sans caisses débarquent en Suisse

L’annonce a été bien reçue par les marchés. Jeudi matin, l’action avait grimpé de 11% à l’ouverture de la bourse suisse avant de se stabiliser autour des 6% en milieu de journée.

Florent Hiard
Publié jeudi 25 avril 2019 à 20:26, modifié jeudi 25 avril 2019 à 20:26. Article dans Le Temps

Le E-commerce alimentaire a le vent en poupe

Développement du E-commerce alimentaire dans l’hexagone. Le drive piéton : la tendance de demain. Merci à l’auteur de l’article : Philippe Bertrand du journal LesEchos

L’e-commerce alimentaire n’est plus une niche. Mi-2018 déjà l’institut Nielsen faisait de la France la championne d’Europe de ce mode de consommation avec 6,6 % des achats du quotidien réalisés en ligne. C’est plus qu’au Royaume-Uni (6,3 %) et largement plus qu’en Allemagne (0,7 %) et qu’aux Etats-Unis (4,7 %). La Chine indique la tendance où, selon Kantar, 10 % des paniers des ménagères se remplissent sur la Toile. Au pays d’Alibaba et de JD.com la croissance s’élève à 30 % par an. La Corée du Sud est déjà à 20 % de part de marché pour cette pratique.

Les Echos Etudes estiment que l’e-commerce alimentaire pesait 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, atteindra 8,2 milliards en 2020 et grimpera jusqu’à 13,5 milliards en 2025. Le taux de croissance annuel moyen est estimé à 11 %.

Les distributeurs français ont été pionniers avec les drive, ces points de retrait des commandes installés près des hypers ou supermarchés, ou dans des entrepôts « tampons ». On en compte près de 5.000 aujourd’hui. Auchan a inventé le concept. Leclerc en a tiré le plus grand profit. Carrefour rattrape son retard.

Le dernier kilomètre

Mais les habitudes des consommateurs changent. Le drive est destiné à des zones où la circulation automobile permet de prendre son colis sur le trajet du domicile au lieu de travail (ou l’inverse). Dans les grandes agglomérations, la livraison à domicile monte en puissance. Les Echos Etudes montre l’inversion des préférences. En 2017, les ventes du drive se montaient à 3,8 milliards contre 2,2 pour la livraison. En 2025, la livraison représentera 8 milliards d’euros, contre 5,5 milliards pour le drive.

Le coût du dernier kilomètre est le principal frein à la livraison à domicile. Selon une étude Capgemini détaillée par le magazine « LSA », le dernier kilomètre représente 41 % des dépenses de la chaîne logistique. Pourtant, « la livraison doit être gratuite », affirmait Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, en marge de la présentation des résultats annuels de son groupe. Elle l’est presque pour Monoprix avec l’abonnement Amazon Prime. Dans la plupart des cas, cette gratuité est conditionnée à un minimum d’achats. Pour le moment.

Un bon moyen d’écraser les coûts de livraison est de développer des drive dans les grandes agglomérations. le client n’est pas livré chez lui, mais il ne fait pas non plus plusieurs kilomètres, seulement quelques centaines de mètres à pied. C’est le paradoxal « drive piéton ». Carrefour en compte 62 à travers la France, dont 21 à Paris et 11 à Lyon. Leclerc, qui ne possède pas ou peu de magasins dans les métropoles, le développe aussi à marche forcée, tout comme Intermarché. Autant d’initiatives qui vont pousser la croissance du e-commerce alimentaire dans l’Hexagone.

Philippe Bertrand

Faire d’une réclamation une opportunité de fidélisation

A l’heure de l’hyper connection les bonnes et les mauvaises nouvelles  circulent à vitesse grand V.

C’est alors que la dimension de « la promesse client » a tout avantage d’être tenue.

En effet, plus de 60% de vos clients mécontents par vos services en parleront à environ une 15ène de personnes (qui elle-même rapportera la nouvelle à d’autres personnes) alors que 40% des clients contents d’un service reçu en parleront « qu’à 8 autres personnes ».

Alors de ce fait, pourquoi ne pas en saisir l’occasion d’inverser la tendance ?

Les entreprises qui ont décidée de mettre en place un processus de traitement et de suivi des réclamations enregistrent un retour sur investissement (R.O.I) allant jusqu’à 177%.

Et vous ? Quand avez-vous pris la mesure des processus en place dans votre entreprise pour la dernière fois ?

Dans quelle situation vous trouvez-vous ?

Notre savoir-faire est d’intervenir au coeur même des activités de nos clients !

Votre succès : impliquer les équipes dans le processus de décision.

• Nous établissons un audit ciblé de votre service client 

• Nous vous présentons les points forts – faibles – opportunités et menaces en relation de celui-ci

• Nous vous démontrons les leviers d’améliorations

  • Nous vous accompagnons dans la mise en place des mesures

Plusieurs axes possibles d’observation 

• Le point de vue des non-clients

◦ Etude potloc (https://potloc.com/fr)

• Le point de vue des collaborateurs au front-office :

◦ Auto-évaluation

• Le point de vue de l’area-management :

◦ Grille d’évaluation lors des visites régulières

• Le point de vue de l’expert externe :

◦ Grille d’évaluation lors des visites régulières

• Le point de vue client :

◦ Visites mystères

◦ Panels clients

◦ Questionnaires sms

◦ Outils de sondage sur place

Les objectifs visés 

  • Atteindre un R.O.I performant

• Identifier les freins

• Entendre les réclamations non exprimées

• Identifier les détracteurs et les abandonnistes (https://www.definitions-marketing.com/definition/abandonniste/)

• Mettre en place un train de mesures d’améliorations

Nos ateliers emménagent dans un tout nouvel espace

Talentshare, le nouvel espace de coworking sur Aigle accueillera dorénavant les ateliers DLM.

Un espace convivial, professionnel disposant de tout le matériel adéquate et propice à l’apprentissage.

On n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on n’enseigne et on ne peut enseigner que ce que l’on est.

Jean Jaurès

E-commerce ou en boutique ?

Les raisons pour lesquelles le consommateur achète
Orange en ligne – Bleu en boutique
Source BVA

Le consommateur d’aujourd’hui doit pouvoir bénéficier de plusieurs canaux d’achat en fonction de ses envies, de sa disponibilité.

Le commerçant qui ne propose pas ces différents canaux prend alors un risque de voir sa clientèle partir à la concurrence.

79% des consommateurs sont prêts à changer d’enseigne si celle-ci n’offre pas la possibilité du multi-canal.

Quel est l’enjeu du commerçant dans ce cas ?

Offrir une expérience d’achat différente que celle proposée en ligne.

La différenciation des produits proposés et une véritable valeur ajoutée sur le service.

Que fais-je pour surprendre mes clients ?

En quoi devraient-ils devenir mes ambassadeurs ?

Des questions fondamentales à lesquelles il est nécessaire d’apporter des réponses et vite.

Le commerce dans 60 ans (Olivier Mathiot, Président de Thecamp)

Centre villes, centres commerciaux, ou e-commerce ?

Fin 2018, j’étais invité par le magazine LSA à participer à la rédaction de leur numéro anniversaire (60 ans) d’anticipation. Entre temps, la période commerciale de Noël est passée ; et la crise des Gilets Jaunes nous a révélé un profond mal-être notamment lié au pouvoir d’achat. Ce sont les commerces qui, à nouveau, ont été victimes des destructions de vitrines. Ces symboles de consommation et d’animation des centres villes semblent être les souffre-douleurs à chaque génération, crise ou innovation. Arrivée des centres commerciaux ou irruption du commerce connectée sont autant d’occasions de nous poser la question sociétale : comment consommerons-nous demain, mieux ou moins ou plus ? Comment « mieux vivre ensemble » est étroitement lié à la sujet du « mieux consommer » et donc aussi à celui de la smart-city, de la vie de quartier…

Quand on se balade dans les « shopping malls » aux Etats-Unis en 2018 on réalise, que le pays des centres commerciaux a beaucoup évolué et souffre aujourd’hui du même mal qu’on observe en France: désertion du public, allées qui se vident… Les malls avaient été créés par le groupe Hudson, il y a environ 60 ans accompagnant le mouvement de la population qui quittaient les centre villes pour s’installer en banlieue. Leurs prédécesseurs, les « department stores » (les grands magasins) étaient une invention européenne du XIXè siècle qui accompagnait l’urbanisation de la population en relation avec la révolution industrielle.

Ces mouvements économiques, technologiques, sociologiques et démographiques expliquent donc l’évolution des innovations commerciales qui les suivent.

Il semblerait que, au XXIe siècle, ce soit l’innovation commerciale elle-même qui, a contrario, provoque les changements de comportements et de façons de vivre.

Une des raisons invoquées pour expliquer la baisse de fréquentation des centres commerciaux est la montée rapide du e-commerce depuis 20 ans, puis du m-commerce depuis 10 ans. La réception des produits achetés à domicile devient une norme. En 2017, 66% des français ont acheté en ligne (soit 37 millions de cyberacheteurs) contre 38%, il y a seulement 10 ans (chiffres FEVAD). On compte aujourd’hui 173 000 sites de e-commerce en France contre 35 000 en 2007 soit une croissance de 500% en 10 ans. On retiendra aussi que 1/3 des transactions web ont eu lieu en 2017 sur mobile… Alors que ce canal n’existait même pas en 2007.

Cette rupture quasi épistémologique, qui semble inverser la cause et la conséquence entre l’évolution du commerce et l’évolution du style de vie, rend ardue les projections pour les 60 ans à venir ! Comment consommerons-nous dans 2 générations ?

Une première réponse est sans doute que les formes de commerce actuelles n’auront pas forcément toutes disparues. On observe que le consommateur est protéiforme : il adopte plusieurs comportements, successivement, du magasin de proximité à l’hypermarché, du centre commercial à l’Internet. Parfois un individu préfère se déplacer pour toucher le produit ou parler au commerçant, mais, une autre fois, le même choisira de se faire livrer.

On peut tout de même s’essayer à l’exercice de la prospective. Il est probable que dans 60 ans la réalité virtuelle aura envahi nos vies dans des mégalopoles encore plus développées, hautes et verticales. Cela ne signifie pas que les énergies renouvelables, la consommation bio et durable ne seront pas devenues prépondérantes, issues de plantation sur les toits, de potagers urbains ou de serres proches des habitats. Les modes de livraison autonomes seront devenus notre lot quotidien. On ne se déplacera plus beaucoup pour les courses. Les drones pourront nous livrer le meilleur des fermes raisonnées et extensives. A l’intérieur de nos foyers, L’intelligence artificielle sera l’outil quotidien de pilotage de la domotique : nos objets connectés pourront communiquer entre eux, sans notre intervention humaine, et nos achats seront donc assistés, anticipés et personnalisés en fonction des besoins, des usages, des dates de péremption, des niveaux de consommation des différents profils, produits et appareils du foyer. La commande vocale sera omniprésente et banalisée. Les paiements seront 100% sécurisés par la biométrie (faciale, oculaire, hormonale, génétique ?), nous n’aurons plus besoin de mots de passe, enfin ?! On peut aussi imaginer que nous enverrons nos avatars faire les courses et recréer un lien social virtuel dans des espaces numériques persistants. Et la vie n’en sera que plus douce (sic).

Il sera donc certainement plus facile d’acheter, mais on ne peut pas garantir que ce sera encore moins cher ni que ce sera plus en faveur du lien social ou du développement durable. Le juste compromis entre l’humain, le pouvoir d’achat et l’innovation technologique reste à inventer.

Au-delà des achats de commodités, génériques, qui sont très peu différenciés (et pour lesquels la messe est dite), chaque magasin, chaque individu pourra se consacrer à sa passion, animer sa communauté, proposer sa valeur ajoutée, sa sélection, mixant réseaux sociaux et proximité géographique. Attirer des acheteurs de très loin ou expédier des produits encore plus loin, mais aussi consommer local : ce seront des choix personnels que l’on souhaiterait éclairés… du très loin au très proche ? C’est déjà aujourd’hui un dilemme.

Nous ne pouvons pas éviter cette question de l’empreinte carbone qui nous taraude, nous demander si cela a « du sens » d’acheter en France des produits qui viennent d’Asie… Mais on ne peut pas non plus décréter que les modes de vie doivent changer du jour au lendemain et contraindre chacun à payer plus cher de manière indifférenciée (son essence ou sa TVA)… car les prix ont réellement baissé depuis 60 ans, c’est un fait, et la pauvreté a reculé, c’est acquis. Au-delà de la guerre de la productivité qui touche sa limite aujourd’hui, il nous faudrait redonner de la valeur à la consommation, aux produits. Débanalisons. Achetons un peu moins, mais mieux. Oui c’est banal.

En la matière, on ne peut pas blâmer l’innovation numérique qui a fait exploser l’économie collaborative, laquelle apporte de nombreuses réponses positives à ces questions. Moins chère, plus sociable, plus écologique… Economie du recyclage, et même de la décroissance, elle peut réconcilier, grâce à la géolocalisation, les commerçants professionnels et les vendeurs particuliers dans un contrat social et fiscal à repenser. L’économie collaborative ne doit pas être considérée comme un vaste marché noir, mais comme le commerce du futur.

Olivier Mathiot

Président de thecamp //Cofondateur de PriceMinister (groupe Rakuten) //Vice-Président de France Digitale

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