Ultra-fast fashion : que révèle vraiment le classement des vendeurs de vêtements en France ?

Kiabi en tête, Shein juste derrière, Temu dans le top 10 : le classement des vendeurs de vêtements en France montre à quelle vitesse les habitudes d’achat évoluent. Mais il pose aussi une question aux commerçants : qu’est-ce qui donne encore envie à un client d’entrer dans une boutique, d’y acheter et d’y revenir ?

Selon les données de l’Institut français de la mode portant sur les sept premiers mois de 2026, Kiabi occupe la première place des enseignes pour les achats d’habillement en volume, devant Shein, Vinted et Décathlon. Temu fait son entrée dans le top 10. De son côté, E.Leclerc progresse de cinq places pour rejoindre ce classement.

Le poids des plateformes mérite d’être regardé avec précision. Shein, Temu et AliExpress représentent ensemble 8 % des achats de vêtements en volume, mais 3 % en valeur, tous circuits confondus. Sur Internet uniquement, leur part atteint 29 % des achats en volume. Ces chiffres montrent une forte présence dans les quantités achetées, associée à une part nettement plus faible des dépenses.

Le client recherche aussi de la simplicité

Il serait trop facile de résumer ces résultats à une seule préférence pour les prix bas. Une offre abondante, accessible en quelques gestes et renouvelée rapidement répond à une attente de simplicité et d’immédiateté. C’est une lecture commerciale de ces évolutions, qui mérite d’être prise au sérieux par les enseignes physiques.

Une boutique doit donc se poser des questions concrètes. Son offre est-elle facile à comprendre ? Le client trouve-t-il rapidement sa taille et les produits qui lui correspondent ? L’accueil l’aide-t-il à choisir ? Le parcours d’achat est-il agréable, du premier regard sur la vitrine jusqu’au passage en caisse ?

Ces détails influencent la décision d’achat. Ils déterminent aussi le souvenir que le client garde de sa visite.

La force d’une boutique se construit sur le terrain

Un commerce de proximité dispose d’atouts que l’on peut développer chaque jour : voir et essayer un vêtement, recevoir un conseil adapté, découvrir une sélection cohérente, échanger avec une personne qui connaît ses produits.

Encore faut-il que cette promesse soit visible. Une belle sélection perd de sa valeur si elle est difficile à parcourir. Un vendeur compétent ne peut pas faire la différence si le client n’ose pas demander de l’aide. Et une expérience réussie ne produit pas tout son effet si rien n’invite le client à revenir.

C’est pourquoi l’observation du point de vente reste essentielle. Quelques ajustements ciblés dans la présentation des produits, l’accueil ou le conseil peuvent parfois améliorer rapidement l’expérience d’achat.

La question à se poser

Face à l’ultra-fast fashion, chaque boutique doit pouvoir répondre clairement à ceci :

« Pourquoi un client choisirait-il de venir chez nous aujourd’hui, et pourquoi reviendrait-il demain ? »

La réponse se trouve rarement dans un slogan. Elle se construit dans l’assortiment, l’ambiance, la qualité du conseil et l’attention portée à chaque visite.

C’est sur ces éléments concrets que les commerces peuvent agir. Observer le parcours client, repérer les points de friction et renforcer ce qui fait la valeur de la boutique : voilà un travail utile pour transformer davantage de visites en achats, puis en relations durables.

Source : LSA, « La tendance de l’ultra-fast fashion s’intensifie »⁠, d’après les données de l’Institut français de la mode ; chiffres également présentés par la Fevad⁠.

David Lemoine

DLM management